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Publié le 13 mai 2026

Santé mentale des jeunes : une urgence de sante publique pour les professionnels du soin et du médico-social

Une santé mentale des enfants et adolescents en forte dégradation

Longtemps considérée comme un sujet annexe, la santé mentale des enfants et des adolescents s’impose aujourd’hui comme un enjeu majeur de santé publique. Si l’on sait désormais qu’une personne sur cinq est concernée par un trouble psychique ou lié à la santé mentale, il est encore fréquent d’associer ces difficultés uniquement au monde adulte. Mais hélas, les chiffres concernant les jeunes sont particulièrement critiques.

Selon la Cour des comptes, 1,6 million d’enfants et d’adolescents souffrent aujourd’hui d’un trouble psychique en France.

La souffrance psychique des jeunes ne se cache plus. 13 % des enfants de 6 à 11 ans présentent au moins un trouble probable de santé mentale : troubles émotionnels, troubles du comportement ou troubles de l’attention. Ces difficultés s’accentuent souvent avec l’entrée dans l’adolescence.

Chez les 11-15 ans, 45 % souffrent de troubles anxieux et 8 % présentent une anxiété sévère. Au collège et au lycée, un élève sur deux rapporte des plaintes psychologiques ou somatiques récurrentes : difficultés à s’endormir, irritabilité, nervosité ou fatigue chronique. Environ 15 % des élèves du secondaire présentent également un risque important de dépression.

La santé mentale des jeunes constitue aujourd’hui un enjeu central pour les professionnels du soin, du médico-social, de l’éducation et de la protection de l’enfance. Les demandes d’accompagnement liées à l’anxiété, au mal-être adolescent, aux troubles du comportement ou encore à la souffrance psychique ne cessent d’augmenter sur le terrain.

Une hausse inquiétante des pensées suicidaires chez les adolescents

La question des pensées suicidaires doit également nous interpeller collectivement. Elles semblent s’exprimer différemment selon le genre des adolescents concernés.

En 2022, 31 % des lycéennes déclaraient avoir déjà eu des pensées suicidaires, contre 24 % en 2018, soit une hausse de 7 points en quatre ans. Chez les lycéens, cette proportion est passée de 13 % à 17 % sur la même période.

Les passages aux urgences pour idées suicidaires, automutilations ou gestes suicidaires chez les adolescents ont explosé ces dernières années, notamment depuis la crise sanitaire. Derrière cette réalité se cache une autre : celle de la pression considérable exercée sur les structures de pédopsychiatrie, les établissements de santé et l’ensemble des professionnels accompagnant les jeunes.

La nécessité d’un repérage précoce se fait sentir, au regard de l’enjeu de santé publique. Des signaux d’alerte tels que :

  • l’isolement ;
  • le changement anormal de comportement ;
  • les troubles du sommeil ;
  • le décrochage scolaire ;
  • les conduites addictives ;
  • l’agressivité inhabituelle ;
  • le repli sur soi ;

nécessitent une attention particulière.

Comment repérer la souffrance psychique chez un adolescent ? Comment prévenir les situations de crise ou le risque suicidaire ? Ces questions concernent aujourd’hui de nombreux professionnels confrontés à des situations de plus en plus complexes dans leur pratique quotidienne.

Une jeunesse souvent seule face à sa souffrance psychique

Une autre réalité nous rattrape : celle de la solitude face aux troubles psychiques.

64 % des jeunes souffrant de troubles dépressifs n’en parlent à personne et seulement 17 % consultent un professionnel de santé mentale. Le sujet reste encore tabou pour de nombreux adolescents et leurs familles, alors même que les besoins explosent.

Le Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge alertait encore en novembre 2024 sur l’écart considérable entre la demande de soins et les capacités d’accueil et de traitement.

Dans les établissements sanitaires, médico-sociaux, scolaires et sociaux, nombre de professionnels se trouvent démunis face à la souffrance psychique des jeunes. Gestion des crises, prévention du suicide, troubles anxieux, conduites à risque ou accompagnement des adolescents en rupture nécessitent des compétences spécifiques et une actualisation régulière des pratiques professionnelles.

Pourquoi se former à la santé mentale des jeunes ?

Les professionnels sont de plus en plus confrontés à des enfants et adolescents en souffrance psychique. Se former permet de :

  • mieux comprendre les troubles psychiques chez les jeunes ;
  • repérer les signes d’alerte ;
  • adopter une posture adaptée ;
  • sécuriser l’accompagnement.

Les formations en psychiatrie et santé mentale permettent également :

  • d’améliorer le repérage précoce des troubles psychiques ;
  • de mieux prévenir les situations de crise suicidaire ;
  • d’adapter sa communication avec les adolescents ;
  • de renforcer l’accompagnement des jeunes en difficulté ;
  • d’acquérir des outils concrets face aux conduites à risque ou aux troubles anxieux et dépressifs.

Dans un contexte où les structures sont fortement sollicitées, la montée en compétences des équipes devient un levier essentiel pour améliorer la qualité de l’accompagnement et soutenir les professionnels confrontés à des situations parfois éprouvantes.

Des formations pour accompagner les professionnels de terrain

Infor Santé accompagne les professionnels du sanitaire, du social et du médico-social grâce à des formations spécialisées en psychiatrie et santé mentale adaptées aux réalités du terrain.

L’organisme propose notamment des formations autour des jeunes et de leur santé mentale :

Les équipes peuvent ainsi renforcer leurs compétences, se saisir des nouvelles problématiques liées à la santé mentale des jeunes et acquérir des outils de terrain pour consolider leurs pratiques professionnelles.

Les jeunes ne doivent pas rester seuls

Parler de santé mentale peut sauver des vies et ce, à tout âge. Les jeunes doivent savoir qu’ils ne sont pas isolés et qu’il existe des ressources accessibles pour les écouter, les accompagner et les orienter.

Le service Fil Santé Jeunes est accessible gratuitement et anonymement au 0 800 235 236, 7j/7 de 9h à 23h, pour les jeunes de 12 à 25 ans.

Que ce soient les professionnels, soignants, familles, éducateurs ou encore enseignants : chacun peut jouer un rôle dans le repérage et l’accompagnement des jeunes en souffrance psychique.

Face à l’augmentation des troubles psychiques chez les enfants et adolescents, le renforcement des compétences des professionnels devient un enjeu majeur de santé publique. Former les équipes, favoriser le repérage précoce et améliorer l’accompagnement des jeunes constituent aujourd’hui des leviers essentiels pour prévenir l’aggravation des situations de souffrance psychique.

Dernière modification le 13 mai 2026 à 11h46

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