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Publié le 12 juin 2026

Gérontopsychiatrie : comment prévenir la maltraitance et adapter les soins ?

Un enjeu de santé publique trop longtemps ignoré

En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) annonce un chiffre d’un million de personnes âgées victimes de maltraitance chaque année. Au sein des établissements psychiatriques ou médico-sociaux, ce chiffre prend une dimension particulière : les troubles cognitifs, l’aphasie, la dépression sévère rendent les patients incapables d’exprimer une plainte. La maltraitance reste du domaine de l’invisible et n’est pas non plus intentionnelle.

La gérontopsychiatrie se situe au carrefour du vieillissement et de la santé mentale. Les équipes soignantes font face à des situations complexes, avec peu de formation spécifique ainsi qu’une lourde charge émotionnelle. Il en résulte un glissement de pratique vers des formes de maltraitance passive,   par épuisement ou habitude.

Prévenir, c’est d’abord nommer.

La maltraitance en gérontopsychiatrie et ses différentes formes

La maltraitance ne se borne pas uniquement aux violences physiques. Elle couvre un spectre large :

  • Physique : contention abusive, gestes brusques, médication forcée sans alternative
  • Psychologique : infantilisation, ton condescendant, ignorance des demandes, isolement imposé
  • Par négligence : soins d’hygiène insuffisants, douleurs sous-estimées, absence de stimulation
  • Institutionnelle : protocoles rigides, horaires imposés, absence de projet de soin personnalisé
  • Financière : gestion abusive des ressources d’un patient sous tutelle

Ces formes sont souvent entremêlées. Et les facteurs de risque sont structurels : dépendance totale du patient, troubles de la communication, burnout des équipes, culture institutionnelle qui normalise la maltraitance passive.

Des leviers concrets pour adapter les soins

1.La culture de l’analyse réflexive

Les espaces de supervisions cliniques, réunions de cas complexes, analyses de pratiques professionnelles (APP) permettent de mettre des mots sur des situations difficiles, sans stigmatiser les soignants et les aide dans l’identification de leurs propres comportements à risque.

2. Une communication adaptée

En gérontopsychiatrie, le soin commence par la communication.
L’approche de validation émotionnelle (Naomi Feil), les techniques de communication adaptée telles que les phrases courtes, un ton calme, un temps de latence et l’écoute active sont autant de compétences cliniques à apprendre ou travailler.

3. Individualiser les projets de soin

La maltraitance institutionnelle provient en partie d’une volonté de standardiser les soins. Le projet de soin personnalisé  (histoire de vie, préférences, capacités résiduelles, réseau familial) offre un contrepoids intéressant. Des outils tels que le Plan de Soins Individualisé (PSI) ou les fiches « confort et préférences » offrent une approche plus respectueuse.

4. La contention en question

La HAS et la SFGG sont claires : la contention ne doit être qu’un dernier recours, documenté, limité dans le temps et réévalué régulièrement. Avant d’y recourir, les équipes doivent explorer les alternatives : environnements sécurisés, présence humaine renforcée, approches non médicamenteuses (musicothérapie, Snoezelen, stimulation sensorielle).

Le soin ne doit pas se limiter qu’aux seuls patients ; les soignants sont également concernés. Leur offrir un espace de parole et du soutien institutionnel, limitent des risques d’épuisement et de maltraitance.

Le cadre légal en question

  • Loi du 2 janvier 2002 : droits des usagers, respect de la dignité et de l’intimité
  • Loi du 5 mars 2007 : protection juridique des majeurs
  • Charte des droits et libertés de la personne âgée dépendante
  • Recommandations HAS sur la bientraitance en EHPAD et en établissements psychiatriques

Le signalement est obligatoire par tout professionnel de santé ayant une suspicion de maltraitance. Le dispositif ALMA (Allô Maltraitance), les conseils départementaux et les cellules de signalement internes sont les relais essentiels.

Nos formations pour passer à l’action

Chez Infor Santé, nous accompagnons les équipes soignantes avec des formations ancrées dans la réalité clinique, animées par des professionnels issus de la psychiatrie et de la gérontologie.

En conclusion

Prévenir la maltraitance en gérontopsychiatrie, c’est refuser la fatalité d’une maltraitance banalisée. C’est choisir, chaque jour, de placer la dignité du patient au centre, avec la formation, la réflexivité et le soutien institutionnel que cela demande.

Parce qu’un soin de qualité commence par le respect de celui qui le reçoit.

Article rédigé par Anne DELZONGLE, Responsable de l’Ingénierie Pédagogique

Dernière modification le 12 juin 2026 à 11h58

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